Le Canard c'est un peu une soupape à Mazarinades

Publié le par lecanardapoil

Commentaires d'internautes à lire sur Causeur.

Jean Robert. Votre moue à la lecture du Vrai canard me rappelle l’accueil de beaucoup de vos confrères lorsque Rotman et Hamon avaient sorti leur brûlot contre le Goncourt (vers 1981, je crois). En gros, chacun y était allé de son haussement d’épaules, pour nous assurer que tout cela était bien connu, et qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Alors que c’était la première fois qu’on osait écrire ausssi publiquement que le Goncourt était un prix arrangé entre éditeurs ! Il y a tout de même quelque chose d’énorme dans le Vrai canard, et sauf votre respect, de passablement neuf. C’est l’exposition en pleine lumière de la machine à fuites et à manips qui est le ressort même de ce journal. Vous semblez en connaître un bout sur certains couloirs du Quai d’Orsay. Convenez que s’ils n’ont pas tout dit, les auteurs n’ont pas loupé l’essentiel. Or est-il bien sûr que tous les lecteurs du Canard réalisent à quel point les infos y sont pipées ?

Docteur John Wayne. Le canard c’est un peu le collecteur de rumeurs estampillés dans le milieu de ceux qui savent, une soupape à mazarinades de style beaujolais nouveau, pour ce qui est de la rue arabe du Quai comme vous dîtes, ils ne font que suivre la politique française qui a suivi la déroute algérienne en y ajoutant la bonne conscience anticolonialiste.

expat. Bof, moi je ne comprends pas, il est très lu le Canard, et les lecteurs ne demandent pas la vérité ? et l’objectivité ? tous ça c’est de la politique ? et on l’accepte ? désolée pour toutes ces questions mais je suis dégoutée.. je commence à penser que la ‘Presse’ n’est qu’un pressoir et ne sers à rien sauf faire du cidre.

L'Ours. Très intéressant mais je reviens juste sur une chose. Quand vous dîtes que le lecteur du Canard: “…pardonne approximations, inexactitudes et même une certaine mauvaise foi, à condition que la plus-value distrayante apportée aux informations publiée demeure élevée.” Je crois le contraire si je m’en réfère à quelques potes, fidèles assidus. Ils estiment dur comme fer que c’est le SEUL journal qui dit la vraie vérité puisque c’est le seul qui ne dépende pas de la pub! 

tovaritch. Curieusement, les auteurs ne critiquent pas la maquette du Canard, pour le moins austère sinon vieillotte, ni l’iconographie, d’une nullité/indigence assez incroyable. N’importe quelle feuille de chou présenterait de la sorte ne durerait pas longtemps, trop de ressemblance avec une vieille Pravda des années 30, coquilles comprises! Mais comme c’est le prestigieux “Canard”, on lui passe tout, même sa laideur!

L. Bronstein. @Jean Robert “Or est-il bien sûr que tous les lecteurs du Canard réalisent à quel point les infos y sont pipées ?” Il ne manquerait plus que ça! Maintenir le vulgum pecus dans l’ignorance qui se veut savoir, dans la rumination qui se croit pensée est bien ce que le Parti du Bien et de la Vertue s’efforce de maintenir.

Arnaud l. Je viens de finir ce bouquin et je le trouve très bon. Un peu du même style que “la face cachée du Monde” puisque très inégal. Ainsi, les fautes journalistiques majeures du Canard cotoient des faits beaucoup moins importants (le coup du père de Michel Gaillard, des “collabos”, des origines politiques d’Angeli, se retrouvent avec les enquêtes sur les familles et la jeunesse de Plenel et Colombani dans “la face cachée”. On y trouve cependant une chose qui m’a marqué la seule fois où j’ai été cité dans le Canard: l’inexactitude et l’approximation rendent l’information toujours sujette à interrogation. A quoi est-elle due? Au risque de me faire lyncher, je dirais qu’elle est due au fait que les journalistes du Canard ne sont plus les plus forts, les cultivés, les plus au fait des réalités de la vie politique de notre pays. A force de ne pas sortir, de se contenter de sources qui sont invariablement les mêmes, de ne pas s’ouvrir au reste du monde, le Canard finit selon moi certes par sortir des scoops, mais beaucoup trop imprécis pour être crédibles, principalement quand on est “dans le milieu”."  Pour être clair, le Canard est principalement un journal de dézingage, et c’est pour cela qu’il est si lu, mais les vraies informations y sont souvent tellement déformées qu’il vaut mieux ne pas les prendre au sérieux. 

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