Le Monde: "Pan sur le bec du Canard enchaîné"

Publié le par lecanardapoil

Dans Le Monde daté du 5 décembre 2008, le livre du jour: "le Vrai Canard", de Karl Laske et Laurent Valdiguié: pan sur le bec du "Canard enchaîné", une critique de Pascale Santi. Voir en ligne ici.

« Dans leur ouvrage sur Le Canard enchaîné, les journalistes Karl Laske (à Libération) et Laurent Valdiguié (à Paris Match) ont réalisé une enquête sur les coulisses de l'hebdomadaire satirique, son fonctionnement et ses scoops. Ce monument de la presse française, né en 1915, qui symbolise la liberté d'expression, fait des envieux, avec près de 500 000 ventes chaque semaine et une bonne santé financière.
 

Un livre à charge qui repose sur la thèse que l'esprit satirique du Canard s'est étiolé au fil des ans. Les auteurs affirment notamment que certains dialogues du "Journal de Carla B.", que "la vraie Carla adore", publié chaque semaine en "une", proviennent de "Pierre Charon, le plus vieux conseiller de Sarkozy, (...) attaché à la communication de la nouvelle première dame". Pierre Charon dit dans le livre : "Il m'arrive de faire passer des messages." "Les pommettes m'en tombent", répond Carla B. dans son journal de l'édition du Canard du 26 novembre.

Karl Laske et Laurent Valdiguié affirment aussi que "Brice Hortefeux est actuellement une source de première importance pour Le Canard enchaîné". Ils prétendent que le "copain d'enfance du président, devenu ministre de l'immigration et de l'identité nationale, s'est rapproché du journaliste Frédéric Haziza, l'un des pigistes de "La Mare aux Canards"".

"Il passait voir Hortefeux tous les dimanches soir à Beauvau", assure un membre du cabinet Sarkozy au ministère de l'intérieur, cité dans le livre. Interrogé par les auteurs, Frédéric Haziza a indiqué "ne rien avoir à dire sur mes sources ni sur M. Hortefeux". Les informations du Canard viendraient pour beaucoup de correspondants anonymes, y compris du plus haut niveau - de Nicolas Sarkozy, par exemple.

La gauche n'est pas en reste. "Il y a une réunion du PS tous les mardis", et un journaliste du Canard "a les informations aussitôt après par François Hollande", assurent les auteurs. Le livre évoque des "secrets de famille"Canard et François Mitterrand. Il révèle les dessous de certains scoops, comme celui qui occasionna la fameuse "une" : "Quand Giscard empochait les diamants de Bokassa". entre le

L'ouvrage aborde également la gestion du Canard, un journal, selon les auteurs, "de plus en plus riche", avec 91,7 millions d'euros de réserves en 2008. Le Canard publie chaque année ses comptes.

Le constat est dur, la charge souvent lourde : Le Canard traverse "une crise de l'information marquée par des silences assourdissants (l'affaire Bousquet, l'affaire des écoutes de l'Elysée), (...) des fautes escamotées...." Avant, "il osait dire quand il se trompait, cet épisode est clos", écrivent les auteurs, qui regrettent que la direction du Canard "soit restée perchée sur sa tour d'ivoire", ce qui leur fait dire que cette crise se double d'un "verrouillage". (l'embuscade en Afghanistan)

Dans son édition du 26 novembre, sous la plume de Michel Gaillard, le directeur de la publication, l'hebdomadaire dénonce ce livre qui cherche "à lui nuire et à le salir". Dans un long article en "une" et en page intérieure, il dément les allégations des auteurs en rappelant qu'ils avaient cherché en vain à se faire embaucher par l'hebdo... Michel Gaillard affirme que les auteurs "balancent des dizaines de noms d'informateurs, vrais ou supposés", ce qui devrait selon lui "alerter les médias".

Les auteurs ont aussitôt répondu que Michel Gaillard n'avait apporté "aucun éclaircissement sur plusieurs questions" soulevées dans le livre, dont "le faux rapport sur l'embuscade en Afghanistan", la "situation sociale du journal" ou "le financement de l'association du journaliste Alain Guédé, organisateur d'une cérémonie associant Nicolas Sarkozy en mai dernier". »

 

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