Arrêt sur images : Le livre qui canarde "Le Canard enchaîné"

Publié le par lecanardapoil

Par Dan Israël (Arrêt sur images).

La réplique se veut à la hauteur de l'outrage. Dans son édition du 26 novembre, Le Canard enchaîné consacre l'équivalent d'une de ses huit pages hebdomadaires à répondre à Karl Laske et Laurent Valdiguié, les deux journalistes qui ont osé s'attaquer au mythe. Dans "Le vrai Canard", un livre qui paraît le même jour aux éditions Stock, ils tentent de prouver que l'hebdomadaire satirique est, depuis les années 70, "un journal sous influence". Celle de Mitterrand hier, de Sarkozy aujourd'hui.


"Juste retournement, diront les rieurs. Voilà "Le Canard", Journal satirique et irrespectueux par nature, épinglé et brocardé à son tour. Quoi, le volatile, impitoyable redresseur de torts, observateur intransigeant de la morale politique, se plaindrait d'être exposé à la critique ! Evidemment non ! "Le Canard ne se prend pas pour une vache sacrée. (...) Il en a vu d'autres. Mais jamais d'aussi mauvaise facture et vulgaire inspiration." L'article, qui occupe un bon quart de la "Une" du "Canard" de la semaine et se poursuit en page 5, est signé Michel Gaillard, directeur de la publication du journal. Et dès les premières lignes, il donne le ton en dézinguant Laske et Valdiguié.

Il est vrai que les deux journalistes, issus du collectif d'enquêteurs "Victor Noir", qui ont déjà signé sous ce nom générique des livres sur Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, se sont essayés à déboulonner le socle fondateur de la crédibilité du Canard : son indépendance.

En 500 pages d'enquête minutieuse, nourries de nombreuses interviews et de multiples plongées dans les archives du journal, ils questionnent longuement le rapport de l'hebdo au pouvoir durant ces quarante dernières années. Et malgré l'absence de pub dans ses pages, malgré une situation financière plus que confortable (plus de 90 millions d'euros de réserve, soit l'équivalent de trois années de chiffre d'affaires), ils assurent que
Le Canard enchaîné n'est pas le modèle d'indépendance qu'il assure être. Les mots sont rudes : "Le Canard boitille sérieusement à l'approche de son centenaire. L'investigation avait mis à mal sa force satirique; la politique a affaibli ses capacités d'investigation."


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